La belle aventure

Une nuit passée avec les marcheurs (Manu)

En tant qu’étranger, nous ne sommes pas habitués aux conditions de vie qui sont supportées par les indiens la nuit. Du coup, le matin nous allons en taxi, réserver tout au long de la marche pour accompagner les occidentaux. Et le soir nous rentrons aux hôtels.
Au début, j’avoue qu’on ne comprenait pas trop pourquoi on ne pouvait pas dormir avec les indiens. Au bout d’une journée de marche, on s’est vite rendu compte que si nous voulions tenir le coup, il fallait rentrer. Malgré tout, après quelques temps, ceux qui voulais pouvais dormir avec les paysans.
Le jour où je suis remonté sur Delhi chercher Brenda à l’aéroport, un petit groupe de 5-6 occidentaux est resté dormir avec eux. En revenant sur la marche, j’ai appris que beaucoup d’entre eux étaient tombés malades à cause de la température au levé du jour. Il y a un tel contraste entre le jour et la nuit…On pouvait donc comprendre pourquoi nous rentrions à l’hôtel le soir malgré les énormes efforts logistiques que cela engendre pour plusieurs dizaines d’étrangers.
Nous galérons un peu à trouver un rickshaw qui puisse nous amener d’Agra jusqu’au terrain où sont les Indiens (environ 10 km).
Parti un peu à la bourre de Delhi deux jours auparavant, on s’est aperçu qu’on était pas vraiment équipé pour passer la nuit. Brenda avait trois banderoles (des marques de pied récoltés en France par FDH en solidarité avec les Indiens) qui allait servir de couverture et une couverture de survie (qui allait être utilisée pour nous protéger de la rosé). Moi j’avais la petite couverture molletonnée que j’avais gardé de l’avion, et…voilà, on est parti pour une nuit avec les marcheurs. Avec ça, Brenda me fait remarquer, à juste titre, qu’en short et en sandales, je risquais de cailler un peu dans la nuit. Maintenant le rickshaw est partit, il est trop tard pour faire demi tour.
Par contre, et nous sommes là pour ça c’est vrai, nous avons appareil photo, plusieurs cartes mémoire, un micro pour la caméra, un trépied, la caméra avec une batterie et des cassettes vierges. Bref, le matériel nécessaire pour le film. De ce côté là, pas de problème.
Les premières impressions sont toujours les meilleurs, paraît il, alors commentons les.
            En rickshaw, toujours, nous longeons le campement un moment jusqu’à l’entrée. C’est un champ de néons installés dans la journée (et tous les jours c’est comme ça) qui s’offre à nos yeux. C’est énorme ! Arrivée à l’entrée, une grosse dizaine de flics regarde le va et viens des personnes. Le bruit des nombreux groupes électrogènes qui alimentent le site en énergie est incessant. Nous traçons directement au fond à droite, il y a là un château d’eau d’où nous avions pris des plans dans l’après midi. Il fait une bonne quinzaine de mètres de haut et permet d’avoir une sacrée vue d’ensemble. Sur notre chemin, les gens dansent, chantent, discutent, c’est festival tous les soirs ici. Rien à voir avec ceux qu’il y a en Bretagne mais ceux ci n’ont rien à leur envier (mise à part les toiles de tentes, couvertures,…)!!
            Du haut du château d’eau, on pensait que personne ne nous voyait mais en fait, les néons éclairent si bien que Jacky et son fils Sunam nous ont vu du groupe n°15 (il y en a 25 sur le site ; chacun est composé de 1 000 personnes). Ils nous rejoignent alors et nous montrent ensuite là où ils ont posé leur camp. Nous sommes au groupe n°1 au milieu de nombreux Indiens. Il y a même des enfants en bas âge parmi eux mais aussi des vieillards. Tous les âges sont représentés ici.
            « Vous pouvez poser votre campement ici si vous voulez » nous dit Neva. Quand ils ont vu de quoi nous étions équipés, ça les a fait bien rire.
            C’est à ce moment que l’on a compris à quel point la situation sanitaire des marcheurs était précaire. Tard dans la nuit, les percussions ont donné le relais à un concert de gens qui toussent, qui sont malades des 15 jours déjà passés à marcher. La situation est très critique. Si nous ne sommes pas équipés pour la nuit, eux le sont encore moins. Ils n’ont, pour la plupart, même pas de couverture. Malgré que des donations ont été faites par la croix rouge, entre autres, les couvertures tardent à arriver. Certains marcheurs sont même rentrés chez eux tellement la situation est difficile.
            Quelques temps après, on a entendu des coups de sifflet. Les mêmes qui servent durant la journée aux chefs de groupes à rassembler tout le monde. Organiserait-ils un meeting à cette heure ci ? Nous avons vu tout les gens autour de nous se lever et aller dans cette direction. Nous n’en saurons pas plus.
           
            La nuit à été très fraîche. Nous nous sommes servi de ce que l’on pouvait. On a pas beaucoup dormi !
            Le lendemain matin, au levé du jour (6 heures du matin ici), Jacky, qui s’était levé largement avant nous pour faire des prises de son, nous a apporté un des meilleurs thés qu’il y ait sur la marche. Qu’il est gentil le monsieur… Le thé vient du Chattisgarh, région de l’Est de l’Inde, c’est du thé rouge. Trop bon comme réveil !!
            D’autres indiens passent par là et nous offrent un peu d’autres thés. Même à l’hôtel on est pas gâté comme ça le matin ! Ce fut une nuit très fatigante mais une excellente expérience ! A refaire. Vous verrez dans les prochaines nouvelles…
            C’est maintenant parti pour une journée de marche. On est bien « au radar » comme dirait l’autre.

Publié à 12:52, le 16/10/2007, dans marche janadesh, Agra
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