La belle aventure | |
Tshestika Neva Godina (bonne annee en Bulgare) Par ManuTshestika neva godina ! (Bonne année en Bulgare) Et oui c’est en Bulgarie que nous avons fêté la nouvelle année. Ca a aussi été l’occasion pour Brenda et moi de se prendre un peu de temps chacun de notre côté. Brenda avec Thom (son copain), et moi avec Ben, un bon copain que je n’avais pas vu depuis longtemps. Nous avons aussi fait un break dans le projet. Ce n’est pas que les agriculteurs bulgares n’ont rien a raconté (si quelqu’un a l’occasion de traiter le problème du yaourt Bulgare ou autre, il y a matière a faire, c’est comme partout !), c’est plutôt qu’il nous reste peu de temps (3 mois) pour faire la traversée des pays à venir et qu’il faut et s’économiser et être efficace. Cela suppose quelques sacrifices. Je suis allé chercher Ben à l’aéroport vers 23 heures le 28 décembre. Je ne sais pas depuis combien de temps nous ne nous sommes pas vu. Ca fait bien plaisir. On rentre à l’hôtel rejoindre Bob, le pote irlandais de 58 ans très charismatique avec ses moustaches de gaulois et son franc parlé et Eva, une jeune femme bulgare qui travaille à l’hôtel et qui fait la fête avec nous. Nous discutons, prenons quelques verres de vin Bulgare (pas mauvais mais très souvent issu de cépage français) puis, au bout d’un moment nous regardons l’heure, … 6 heures du matin, WaoouuUU ! C’est déjà l’heure de partir prendre le train de 7 heures, le temps d’y aller à pied. C’est parti pour 4 jours intenses dans les montagnes de Karlovo, village situé au centre du pays. A l’hostel, quelqu’un nous a indiqué un refuge sympa à ne pas manquer dans les montagnes.
![]() En descendant du train, une sensation de vide nous entoure. Certains bâtiments industriels autour de la gare paraissaient inoccupés, les vitres cassés. Il n’y a personne ou presque. Les périphéries des villes ainsi que les villages que l’on a pu voir son vraiment le paradis des zones désaffectées à la couleur de béton brut. En plus de la température, le visuel est très froid. Ambiance post communiste très bizarre qui me fait frissonner le dos. Le premier jour nous nous attardons un peu dans les restaurants et bars pour sentir l’ambiance. ![]() Rien à voir avec Sofia, la capitale. Malgré l’ambiance des rues, les gens ont le sourire, ils nous accompagnent et nous conseillent. Parfois, ils rigolent tout gêné de ne pas comprendre notre anglais ou notre français. Et oui, il n’est pas rare de trouver quelqu’un qui parle français ici. On demande le menu. Dans ce petit village, les 6-7 premières pages sont réservés aux nombreux alcools et cocktails proposés ici. La dernière page et demi est pour l’alimentation. Les prix défient toute concurrence étrangère. Ils sont à peu près similaires avec l’Inde. Aller, on se rempli le ventre avec de la nourriture locale (soupe de trip pour moi, …ça vous réveille le matin !!), il faut bien manger avant un effort qui promet d’être intense. Au restau, un monsieur qui parle anglais, nous dit de nous équiper en gros couteaux avant d’attaquer la montagne et les forêts car il y a de nombreux ours et loups…on se regarde avec Ben…on a juste l’opinel que mon père m’avait passé avant de partir et un tire-bouchon équipé d’une petite lame mais à part couper le plastique de la bouteille de vin, ça risque de ne pas faire grand effet à nos éventuels prédateurs. Nous sommes prévenu. On commence à traverser la ville. C’est très étrange. Il y a 20 000 habitants ici mais il n’y a qu’un tout petit centre ville occupé par quelques magasins mais aussi animé qu’un petit village breton de 200 habitants alors que nous sommes samedi. Très étrange atmosphère. Après avoir commencé la montée de la montagne, nous rebroussons chemin car la nuit tombe d’ici 3 heures (17 heures) et nous ne connaissons pas le terrain. Retour à la case départ. On se trouve un hôtel. Il est énorme mais il n’y a personne. Vers 8 heures nous partons marcher. Il fait très froid (- 5/-10) mais nous ne le sentons pas grâce à l’effort. Nous sommes équipés de nos sacs de voyage, de bouffe (très important). Avec mes deux sacs je dois avoir 25 kg à porter. Ca devrait faire les jambes ! Ca tombe bien, je manque de sport. Les montagnes et vallées que nous longeons nous font oublier l’effort, c’est très beau, paisible, naturel, bref…un bonheur d’être ici. Un gros dépaysement pour Benoît qui était à Paris juste 2 jours avant. ![]() Il faut faire attention car il y a de la neige et de la glace sur les chemins. Par contre nous sommes surpris de voir que beaucoup de gens locaux montent dans ces montagnes pour y passer le premier de l’an. Les refuges risques d’être animés. Nous prenons notre temps. 5 heures après, le premier refuge pointe le bout de son nez. C’est l’heure d’une petite bière bien mérité. Elle est bien fraîche celle la. Nous nous asseyons à une table de pique-nique dehors et nous plantons les bières dans 20 cm de neige qui est sur la table…nous sommes bien en Bulgarie ! Nous réservons deux lits pour le lendemain afin de passer le premier de l’an et nous repartons vers le refuge suivant, beaucoup plus proche celui là. Une heure après, nous y sommes. Une dizaine de scouts accompagnés de leurs amis nous accueille les bras ouvert. Le chef du refuge nous montre nos lits, nous fait à manger, nous vend un peu de vin. Vraiment très cool et conviviale. Nous sommes bien loin de l’ambiance de la ville de Sofia ou d’une autre ville d’ailleurs ! Il nous faut joindre Brenda et Thomas avec qui nous avions prévu de passer le premier de l’an. Ici, évidemment le portable ne capte pas. Les jeunes nous disent qu’il faut aller en haut de la montagne, à 2 ou 3 heures d’ici pour avoir un peu de réseau. OK, ce sera la mission de demain. Pour ce soir, c’est Morphée qui nous tend ses bras bien confortables et mérités… ![]() …tellement méritée que nous n’arrivons pas à nous levé. Tout le monde est parti. Nous prenons un petit déjeuné, nous nous préparons à affronter la marche dans le froid, la pente et la neige épaisse. Il fait – 15 dehors. De la glace s’est formée autour du jet des robinets qui coulent en permanence pour éviter d’éclater les tuyaux. Première fois que je vois de l’eau geler en mouvements…il fait froid. Nous mettons des sacs plastiques autour des chaussettes pour éviter à la neige de nous rentrer dans les chaussettes, nous nous trouvons des branches pour grimper la pente enneigée et pour assurer notre montée (si l’on glisse nous pouvons planter les bâtons dans la neige et ainsi ne pas aller trop bas). Précaution prise, c’est parti. Au bout d’un moment, le brouillard nous prive de la vue magnifique qui doit se dessiner de plus en plus autour de nous. Dommage mais bon, nous avançons. Nous croisons des animaux type chamois bulgares ou quelque chose dans le genre. Ici la nature à tout ses droits. Il y a très peu d’influence humaine à quelques heures de marches à la ronde, nous sommes dans une réserve naturelle, la deuxième du pays. ![]() 3 heures après, nous arrivons au premier sommet. Toujours autant de brouillard. Nous continuons quelques minutes en direction du deuxième sommet. Je me retourne pour parler à Benoît …et là, comment dire ? C’est magique, magnifique, extra. Une sensation de bonheur nous envahit. Le brouillard est moins épais puis s’éclipse peu à peu vers la vallée ce qui nous permet de découvrir les sommets d’autres montagnes tout autour qui flottent au dessus des nuages. ![]() Devant nous, il y a un troupeau de chevaux qui vivent en totale liberté. Le paysage est inversé, les nuages en bas, le ciel bleu au dessus et nous entre les deux en compagnies des montagnes…mais toujours pas d’ours ou de loup à l’horizon. ![]() Il n’y a vraiment personne. Un instant inoubliable. Nous restons une petite heure à savourer ce moment, marqué bonne année dans la neige Bulgare, déconner avec Ben, bref, il est temps de redescendre car on pourrait se faire surprendre pas la nuit. On reprend nos bâtons et en route pour la descente. Après avoir passer avec quelques précautions les endroits pas évident car plein de rocaille instable qui mérite de faire attention, nous arrivons à nouveau dans la neige qui est parfois très dure, parfois poudreuse. Pour gagner du temps et prendre confiance en soi dans ce milieu un peu inhabituel, Benoît tente de descendre sur les fesses. Pas de souci… a mon tour. Nous gagnons ainsi pas mal de temps. Il faut juste prendre les bâtons à leur base pour avoir de la force à les planter dans la neige. En effet, il faut quand même faire gaffe aux arbres parfois nombreux dans la descente. Mais bon ça ne va pas très vite de toute manière. Arrivé sur une bosse, nous nous arrêtons,…premier indice de la présence d’ours ou d’une meute de loup. Il y a une patte de cheval en état de festin déjà bien accompli. Ils ont laissé le sabot tout de même. ![]() Après avoir pris les lieux du crimes en photo, nous continuons notre route et tombons sur une famille de trois personne qui se préparent à passer tranquillement leur premier de l’an dans une cabane perdu dans les montagnes. Le trip… On continue, car une fois arrivé au refuge, il nous faut prendre nos sacs et rejoindre le refuge précédent pour y passer le nouvel an. Bonjour tout le monde, ça va ? Nous on y va…et c’est reparti. J’enlève quand même avant les glaçons qui avaient réussi à se frayer un chemin entre les doigts de pied et on y va. Le fait de marcher et d’être tout le temps en mouvement ne nous fait pas sentir du tout la fraîcheur ambiante (et interieur...des chaussettes hihi). D’ailleurs, arrivé au refuge suivant, j’était en sueur. La nous etions avec des Bulagres quinquagenaire tres sympa. Chant, danse, musique, festin et alcool a volonte ont anime la soiree. Ah, probleme, la musique sotte. A oui, il va falloir eteindre les lumieres et materiel electrique inutile car le froid glace l'eau et reduis le debit qui arrive aux generateurs a l'exterieur. Juste un petit mot de la nature dans le soiree pour nous dire que premier de l'an ou pas, c'est elle la chef ou que l'on soit et surtout ici !! ![]() Plus tard, nous nous deguisons avec des peruques un peu punk. Pas de complexe que l'on soit PDG d'une entreprise, secouriste en haute montagnes, voyageur (nous, y a pas d'etranger ici a part nous), ou simplement gardien du refuge, tout le monde y passe. Tres marrant. A minuit, apres a voir ecoute la parole du president a la tele, nous partons dehors faire un feu d'artifice. c'est sympa, bonne enfant et tres conviviale. Tshstika neva godina (bonne annee en Bulgare) est la phrase de la soiree. Alors pour tout les lecteurs, nous vous souhaitons une bonne et heureuse annee. ![]() Publié à 04:14, le 5/01/2008, Karlovo Mots clefs : Bonne, annee { Page précédente } { Page 6 sur 23 } { Page suivante } |
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