La belle aventure

L'agriculture, l'identite roumaine (Brenda)

 

Après un mois de silence blog, il est grand temps que nous reprenions le rythme des articles. Nous sommes en ce moment même dans la magnifique ville de Cracovie, au sud de la Pologne. Je reviens dans cet article sur ce que j’ai pu percevoir de l’agriculture en Roumanie.


La Roumanie est un «Etat membre» depuis le mois de janvier 2007. Un an plus tard, nous avons été à la rencontre de roumains, touchant de près ou de loin au «monde» agricole: responsable de direction de l’agriculture, agriculteurs, consommateurs, élèves ingénieurs…


Cette entrée dans l’Union Européenne entraîne pour l’agriculture des pays de l'Est de profondes remises en question de ses pratiques traditionnelles et familiales. Rassemblant désormais 25 pays, la Communauté (Européenne) ne peut plus d’avantage prendre en compte les différences de chacun de ses membres, c’est donc à eux de se conformer à ses directives (pour l’agriculture, il s’agit notamment de normes sanitaires: traçabilité, …).

Ces politiques normatives en faveur de la sacro-sainte concurrence font, à mon sens, partie des limites claires de l’Union. Cela sonne comme le glas des identités (culture, alimentation traditionnelle, …) des membres les plus faibles, au profit d’une idéologie commerciale des plus forts.

Dans le pays, 47,3% des 21,7 millions de roumains habite en zone rurale. Et en 2002, c’était 36,4 % de la population active qui travaillait dans le secteur agricole. Autant dire que l’agriculture est bien présente en Roumanie.

La majorité des fermes est autosubsistante (produisent uniquement pour leur propre consommation). 20 % environ est semi-subsistante (une partie de la production est vendue), le reste est uniquement commerciale. Il y existe trois manières de vendre sa production : par contrat avec des entreprises, sur les marchés, et par le réseau relationnel (voisin, amis, parents…).

L’objectif politique actuel de la Roumanie et des autres récents entrants en Europe, est de diminuer le nombre d’agriculteurs et de favoriser la productivité et la compétitivité des grandes exploitations.


Le système paysan dit «semi-autarcique» (de semi-subsistance) est un moyen de survie pour beaucoup, mais il est aussi «présenté et vécu par les Roumains comme un trait identitaire puissant» (terre à terre : l’identité rurale roumaine en friche, Séverine Lagneaux).

Seulement, de nombreux investisseurs étrangers viennent s’installer en Roumanie et participent ainsi largement à la remodelisation du visage rural roumain. C’est ainsi que nous pouvons voir les petites fermes roumaines qui disposent en moyenne de 2 ou 3 ha de terres, à côté des fermes étrangères, qui possèdent entre 1000 et 4000 ha.


Publié à 04:31, le 8/02/2008, Budapest
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