La belle aventure

L'Europe ouvre ses portes a l'emigration roumaine (Brenda)

 

               L’entrée en Europe a ouvert plus largement les frontières du pays aux échanges économiques et humains avec le reste de la Communauté. Mais nous savons que ces échanges datent de bien avant. Nous avons eu l’occasion de passer du temps avec un vétérinaire. Depuis ses 18 ans, il voyage régulièrement en France pour travailler, et il est loin d’être le seul. Le travail des Roumains en France ou ailleurs n’a pas eu besoin d’être légal pour exister, et les entreprises françaises n’ont pas attendus que la Roumanie fasse partie de l’Europe pour délocaliser leurs usines vers cette main d’œuvre meilleur marché.

              La Roumanie fait donc partie de l’espace Schengen depuis 2007, espace de libre circulation entre les frontières européennes. Dès lors, les échanges se sont accentués. C’est ainsi que des villages se sont vus vider de près de leur moitié, des familles entières étant parties s’installer en Italie, en France ou en Espagne.

Il y a plusieurs conséquences à cela. Pour exemple, un jeune professeur de sociologie nous a appris lors d’une interview que les plus jeunes enfants de ces familles restent en Roumanie, et sont confiés soit à leur grands-parents, soit à d’autres familles. C’est un véritable problème social au regard de leur éducation et de leur bien-être psychologique. Certains d’entre eux vont jusqu’au suicide.

                Aussi, de nombreuses personnes rencontrées nous ont parlé de la forte émigration des jeunes, souvent diplômés, vers l’Europe de l’Ouest. Ce sont pourtant eux qui seraient à même d’élever le pays dans son développement mais ils preferent gagner dix fois plus d’argent à l’étranger pour le même travail.

Comme principaux avantages de cette émigration pour la Roumanie, nous pouvons citer celui de l’argent à investir une fois de retour «au pays», et celui d’avoir de nouvelles connaissances à y introduire.

               Cet argent à investir pose un autre problème: celui de l’investissement immodéré dans la construction de maison. Les terrains jadis destinés à l’agriculture deviennent ainsi des terrains pour l’immobilier, créant une inflation des tarifs fonciers, et un frein supplémentaire à une agriculture développée.

                 Certains pensent aussi que les nouvelles connaissances importées de l’Europe de l’Ouest, sont un facteur de disparition des traditions et de l’identité roumaine. Personnellement, je ne crois pas vraiment en cette théorie. Je me suis aperçue qu’en voyageant, et donc en me confrontant à d’autres cultures, je me suis rapprochée de la mienne et je m’intéresse d’autant plus à l’environnement qui m’a construit. Et je me demande même si ça n’est pas cette globalisation qui a fait s’accentuer ces dernières années, la promotion et la valorisation des traditions, en France par exemple?  A creuser...


Publié à 05:22, le 8/02/2008, Cracovie
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