La belle aventure | |
Voile again (Brenda)
Ayant abordé la question du voile dans mon précédent écrit, je vais poursuivre sur mes ressentis en tant que femme dans la société iranienne.
Il est bien difficile de vous exposer la place réelle des femmes en Iran puisque nous n’y sommes restés qu’une semaine et nous n’avons été que dans la capitale, Téhéran, et une importante ville à 70 kms de la frontière turque, Tabriz. Cependant, il ne me faut pas plus d’une semaine pour vous affirmer que oui, au pays du voile obligatoire, j’étais quelqu’un. Que même si un salon de narguilés ne m’a pas autoriser à fumer, ils ne me dénigraient pas pour autant. Les hommes me parlaient à moi comme à Manu. Jamais je me suis sentie mise à l’écart comme c’était le cas quasiment tous les jours en Inde. Là-bas, il était courant qu’un serveur vienne à la fin du repas demander à Manu si nous avions bien mangé, sans même m’accorder un regard, même furtif. Il m’est arrivé de commencer à négocier affaire et que le type ne me laisse pas finir ma phrase pour voir ça avec Manu. Je me suis essuyé de nombreux vents, toujours aussi hypocrites.
En Iran, je n’ai pas ressenti de déni ni de manque de respect. On me rendait la monnaie, me renseignait, me souriait, sans passer par « l’homme ». J’ai eu de longues discussions seule avec des hommes, sans jamais passer par la phase « séduction déplacée » à laquelle j’avais été très entraînée lors de mes précédents voyages (Cameroun et Haïti plus particulièrement). J’ai parlé avec eux, j’ai partagé le thé, et nous avons très souvent ri ! Ca peut paraître étonnamment évident pour vous, mais ça ne l’était tellement pas en Inde. J’ai apprécié leur franchise. Si ce que tu fais ne va pas avec les mœurs du pays, ils te le diront naturellement, calmement (je fais à nouveau référence au salon narguilés du début).
J’en profite pour continuer sur leur serviabilité qui m’a vraiment stupéfaite. Il ne s’est pas trouvé un moment où nous nous sentions perdus et seuls. En Iran, il y aura toujours quelqu’un prêt à vous aider. Durant notre séjour, nous avons toujours été orientés, accompagnés, dorlotés. On nous a payé le bus, le repas, le taxi, les pâtisseries, le thé… bref, j’aimerai vous en parler pendant des heures mais je vous incite plutôt à venir voir par vous même la beauté des paysages et des gens.
Dans mon précédent écrit sur l’Iran, je me cite (ben tiens, on est jamais mieux servi que par soi-même) : « […] c’est toute la symbolique que j’en perçois. La soumission des femmes et l’Islam extrême. Vision européenne. ». Oui, c’était une vision biaisée. Le voile ne signifie pas que les femmes ne sont rien ici, il n’y a qu’à comparer avec l’Inde, ça n’est vraiment pas un indice de respect ou non pour la gente féminine. Et puis en une semaine, je n’ai pas ressenti d’Islam extrême. Les gens nous considéraient comme des chrétiens, et visiblement ça ne leur a vraiment pas empêcher de nous accueillir royalement. D’où mon « vision européenne ». Peut-etre devrıons-nous eteındre nos televıseurs et sortır notre bout du nez dehors? sımple suggestıon... Publié à 12:46, le 9/12/2007, dans carnet de voyage, Tabriz Mots clefs : voile, femme Pas de Pakistan ! (Brenda)
Pour obtenir le visa du Pakistan, vous devez avoir une lettre de recommandation de l’ambassade de France. sauf qu'à l’ambassade de France, on vous explique qu’ils ne délivrent plus ce précieux sésame depuis les attentats de la mosquée rouge, il y a deux mois environ. Le pays est trop dangereux nous dira t-on. Bon…
En attendant de trouver la solution (écrire à Bernard Kouchner, passer par le Népal pour obtenir le visa… Ils ont de l’imagination ces ptits jeunes !) , nous avons quand même continuer à étudier l’itinéraire le moins risqué pour aller à Karachi, la ville où nous devions séjourner et rencontrer des organisations paysannes. Pour s’y rendre, nous devions traverser le pays du Nord au Sud. Nous avions également étudier notre passage vers l’Iran en évitant les fameuses zones tribales.
Mais voilà, le 20 octobre des attentats ont eu lieu …à Karachi ! tiens. Le pays semble connaître un regain de violence depuis les dernières élections. La décision est prise en concertation avec nos principaux partenaires, nous ne passerons pas par le Pakistan.
Nous étudions désormais notre itinéraire aérien pour arriver direct à Téhéran à partir de Delhi. Beaucoup moins palpitant, forcément. Si tout se passe comme prévu, nous devrions y être début décembre.
Publié à 12:46, le 24/10/2007, dans carnet de voyage, Mots clefs : { Page précédente } { Page 1 sur 2 } { Page suivante } |
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